Rubrique du répertoire

Tarots : le tirage en croix et les figures nommées

Qui cherche comment fonctionne un tirage en croix aux tarots veut d'abord savoir combien de cartes se posent et ce que chaque emplacement est censé dire. Ces deux renseignements suffisent à exécuter la figure ; tout le reste est du commentaire, et le commentaire varie d'un auteur à l'autre.

2 fiches dans cette rubrique6 rubriques au répertoire

T
✶

Les fiches de Tirages du tarot

Rien n’est noté ni ordonné. Chaque fiche dit ce que son service publie, et où il s’arrête.

Magie Voyance · Non précisé

Magie et Voyance

Un intitulé qui accole magie et voyance annonce deux régimes d'action distincts. Ce que la page publie : un montant, six intertitres, trois moyens d'accès.

Lire la fiche

Médium par téléphone · Non précisé

Daivah medium

Une fonction et un canal, pas de support : ce que le relevé peut dire d'une page qui annonce un médium par téléphone sans nommer de cartes ni de figure.

Lire la fiche

Y sont rangés les services dont la page annonce une méthode de tirage. Les paragraphes ci-dessous décrivent la croix et les figures voisines du point de vue de leur structure : nombre de cartes, emplacements nommés, règle de synthèse, traitement des cartes à l'envers.

La croix, et ce qu'elle met en présence

La croix est la figure la plus demandée après la carte unique, et sa fonction est de mettre plusieurs forces en présence autour d'un même sujet. Elle ne répond pas par oui ou par non : elle décompose une situation en éléments qu'on lit ensuite les uns contre les autres.

C'est pourquoi elle convient mal à une alternative simple. Une question qui attend une réponse binaire n'a pas quatre faces à exposer, et la figure produit alors un commentaire sans objet. L'inverse vaut aussi : une situation complexe soumise à une carte unique ne donne qu'une indication de direction.

Cinq places, quatre branches et un centre

La forme la plus répandue emploie cinq emplacements : quatre disposés en croix autour d'un cinquième. Les intitulés diffèrent selon les auteurs, mais leur fonction se ramène presque toujours à la même répartition — l'état des choses, ce qui s'y oppose, ce qui l'éclaire, ce qui le soutient, et une récapitulation.

L'ordre de pose n'est pas uniforme, et c'est un point de divergence réel entre les pages. Certaines commencent par le centre et déplient ensuite les branches ; d'autres parcourent la croix avant de poser la récapitulation en dernier. La figure obtenue se ressemble, la progression de lecture pas du tout.

Les intitulés d'emplacement, eux, ne sont pas interchangeables d'une page à l'autre, et c'est une difficulté réelle pour qui compare. Deux méthodes peuvent appeler « obstacle » des places qui n'occupent pas la même position dans la figure, ou nommer différemment la même position. Un lecteur qui veut refaire l'opération doit donc retenir le schéma, pas les mots.

Une carte de synthèse, tirée ou calculée

L'emplacement de récapitulation reçoit, selon la méthode, une carte tirée du paquet comme les autres, ou une carte désignée par un calcul sur les numéros déjà sortis. Le second procédé a une propriété intéressante : il n'ajoute aucun hasard, puisqu'il dérive entièrement des quatre cartes précédentes.

Une page qui ne précise pas lequel des deux procédés elle emploie laisse une ambiguïté lourde. Avec une carte tirée, la figure compte cinq hasards ; avec une carte calculée, elle en compte quatre et une déduction. Deux lecteurs appliquant chacun l'une des deux règles n'obtiennent pas le même résultat à partir du même mélange.

La règle d'addition la plus répandue consiste à totaliser les numéros des lames déjà sorties, puis à ramener ce total dans l'intervalle des grandes lames par soustractions successives. Elle suppose donc un jeu dont les cartes portent des numéros continus, ce qui exclut les supports qui n'en ont pas. Les pages qui annoncent une synthèse sur un jeu non numéroté emploient nécessairement un autre procédé, et il leur appartient de le dire.

Les cartes renversées et la convention qui les admet

Une lame posée tête en bas se lit, chez une partie des auteurs, comme une inversion ou un affaiblissement de son sens. Chez une autre partie, elle se lit exactement comme à l'endroit, et le sens est tiré de la seule place occupée.

La divergence n'est pas une subtilité d'école : elle double le nombre d'états possibles de chaque emplacement. Une page qui propose une figure sans dire si elle admet le renversement n'a pas décrit sa méthode jusqu'au bout, et c'est l'omission la plus fréquente sur les pages qui offrent une opération calculée.

Trois cartes, la plus courte des figures nommées

Trois emplacements suffisent à produire une épaisseur que la carte unique n'a pas, et c'est la raison de leur succès. La répartition la plus courante distribue un avant, un maintenant et un après, mais d'autres partages circulent : une cause, un fait, une conséquence, ou bien une attente, un obstacle, une issue.

Le choix du partage précède le tirage et ne se change pas en cours de route. Une page qui laisse le lecteur décider après la pose de ce que chaque emplacement signifie n'a pas posé de contrainte : elle a posé trois cartes côte à côte, ce qui est une autre opération.

La figure a par ailleurs un avantage pédagogique que les auteurs signalent : elle tient en une ligne, donc elle se lit de gauche à droite comme une phrase. Les dispositions en croix ou en carré n'ont pas cet ordre naturel, et c'est précisément pour cela qu'elles exigent un schéma de pose publié.

Croix celtique : dix cartes pour un inventaire

La figure à dix cartes relève d'un autre usage. Elle ne tranche pas et ne récapitule pas : elle inventorie, en multipliant les angles — le sujet, ce qui le traverse, ce qui le précède, l'entourage, l'attente, l'issue envisagée.

Son coût est la lecture. Dix emplacements autorisent quarante-cinq rapprochements possibles, et aucune méthode n'en examine plus de quelques-uns. Les manuels qui l'enseignent fixent donc d'avance les couples à regarder, ce qui revient à décomposer la grande figure en plusieurs petites.

Le nombre pèse aussi sur le support. Dix emplacements sur une table demandent de la place, et les pages qui proposent cette disposition la rendent presque toujours en colonne sur un téléphone, ce qui casse la lecture par voisinage dont elle tire son intérêt. La contrainte est matérielle, pas doctrinale, et elle suffit à expliquer pourquoi les dispositifs automatiques préfèrent les dispositions courtes.

Les figures à neuf lames, et pourquoi ce nombre revient

Neuf se retrouve dans plusieurs méthodes nommées, et la raison est géométrique : neuf emplacements se rangent en carré de trois sur trois, ce qui autorise une lecture par lignes, par colonnes et par diagonales. Chaque carte appartient alors à plusieurs ensembles, et c'est ce croisement que les méthodes exploitent.

Le même nombre sert aussi à des figures qui n'ont rien de carré, où les neuf cartes se répartissent en trois groupes de trois lus successivement. L'intitulé ne suffit donc pas à savoir de quoi il s'agit : seul le schéma de pose le dit.

Les deux dispositions ne posent pas la même question. Trois groupes de trois se lisent comme trois petites figures autonomes dont la succession porte le sens. Trois sur trois ne laisse aucune carte s'interpréter seule, puisque chacune appartient à une ligne, à une colonne et parfois à une diagonale. Une page qui écrit « neuf cartes » sans préciser laquelle des deux elle emploie n'a donné qu'un chiffre.

Interpréter : la position avant l'image

L'ordre des opérations est constant chez les auteurs qui le précisent, et il est contre-intuitif. On lit d'abord la place, ensuite la carte, enfin le rapport entre les deux. Partir de l'image conduit à plaquer sur la figure une signification générale qui ne tient pas compte de l'emplacement où elle est tombée.

Une même lame change donc de portée selon sa place, et c'est exactement ce que la structure sert à produire. Une méthode sans emplacements nommés ne permet pas ce décalage : elle laisse chaque carte avec son sens de catalogue, ce qui en fait une consultation d'index plutôt qu'une lecture.

Une conséquence suit, contre-intuitive pour un débutant : apprendre par cœur une table de significations ne rend pas capable de lire une figure. La table fournit le vocabulaire, la méthode fournit la syntaxe, et aucune des deux ne remplace l'autre. Les manuels qui commencent par les emplacements et n'abordent les significations qu'ensuite suivent l'ordre que leur propre doctrine recommande.

Où trouver une croix sans rien payer

Les pages qui proposent l'opération sans contrepartie existent en nombre, et elles se trient sur deux critères vérifiables. Le premier est la publication du schéma : la page nomme-t-elle ses emplacements avant de poser les cartes ? Le second est la règle de synthèse : le dernier emplacement est-il tiré ou calculé ?

Une page qui répond aux deux questions permet de refaire la figure avec un jeu de carton, ce qui est le seul contrôle dont dispose un lecteur. Une page qui n'y répond ni à l'une ni à l'autre produit un résultat qu'on ne peut ni vérifier ni reproduire, et la gratuité n'y change rien.

Un troisième critère sépare les pages, purement matériel celui-là : la figure est-elle montrée sur un schéma, chaque emplacement à sa place, ou simplement déroulée en liste ? Une liste perd le voisinage, qui fait la moitié de l'information d'une croix. Deux pages peuvent donc appliquer la même méthode et n'en rendre qu'une seule lisible.

Dans cette rubrique, aucun intitulé ne nomme de carte

Les deux services réunis ici ont un point commun qui mérite d'être relevé : ni l'un ni l'autre ne nomme de méthode de tirage dans son intitulé de service. L'un soude deux pratiques en deux mots, l'autre annonce une fonction et un canal. Le relevé enregistre ces intitulés tels qu'ils sont écrits, sans les redresser.

L'observation vaut d'être généralisée, car elle tient pour tout le recensement : aucun des douze intitulés de service relevés ne nomme un jeu, une disposition ou un nombre de cartes. Tous nomment une fonction, un canal, une zone ou un domaine de demande. Le vocabulaire qui permettrait de rapprocher deux offres sur leur déroulé n'apparaît dans aucun intitulé.

L'écart entre les deux fiches porte ailleurs. L'un des deux services publie un montant sur sa page et compte trois moyens de consultation ; l'autre n'affiche aucun tarif et sa page d'accueil mesure six cent quarante et un mots, l'une des cinq longueurs que le recensement chiffre. Aucune de ces deux situations n'est plus favorable que l'autre : elles décrivent deux façons d'être incomplet.

Le relevé s’arrête aux pages lues

Ce qui n’est pas publié par un service n’apparaît pas dans sa fiche. Un blanc signale un silence de la page, pas un défaut constaté.